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vendredi 15 avril 2016

Des enjeux individuels


Image : Peter Pan, 1953, Walt Disney Pictures

On trouve au cœur de nombreux dessins animés, divers enjeux, de société par exemple, à une échelle plus ou moins importante. Certains d’entre eux peuvent même relever de l’analyse d’enjeux personnels, à l’échelle de l’individu.
Le passage de l’enfance à l’adolescence ou à l’âge adulte, par exemple, est un des enjeux plus précis que l’on peut retrouver dans plusieurs dessins animés, analysés plus finement que l’on ne peut croire.
Comment ne pas citer le célèbre Peter Pan, souhaitant rester enfant pour toujours ? Ce dessin animé illustre en effet parfaitement la volonté des enfants à vouloir rester jeune éternellement, dans un univers d’innocence, sans soucis, en montrant la force de l’imagination des enfants, ainsi que le décalage existant entre les enfants et les adultes. Cela peut d’une part faire rêver et attendrir quant à la candeur dont peuvent faire preuve les enfants, en nous faisant penser à nouveaux à cette période si douce, mais cela peut également nous emmener tristement à constater le décalage entre l’enfance et l’âge adulte, avec une réelle disparition de l’imagination qui permettait à chacun de vivre dans le monde rêvé.
Il s’agit la d’une réelle, et belle, illustration de la vie, et des passages émotionnels dans lesquels de nombreux individus se trouvent en grandissant, puis en vieillissant.
Le dessin animé Vice-Versa, alors plus récent, traduit également la difficulté pour les enfants de grandir, et de faire face aux premiers grands changements de leur existence. Il montre, en illustrant chaque émotion éprouvée par un personnage, ce que peut ressentir une toute jeune fille face à ces évolutions, tout en montrant un réel aspect psychologique de l’être humain en illustrant la mémoire, l’inconscient, et ce que cela représente, dans un langage facile à interpréter pour des enfants. Vice-Versa montre alors, à travers tout ce fonctionnement cérébral, la difficulté que peut surmonter un enfant face aux premiers changements et obstacles qu’il rencontre au cours de sa vie.
Aussi, la perception de cet enjeux ne peut être saisie seulement par un individu ayant déjà vécu cette étape du passage de l’enfance à l’âge adulte.
Les dessins animés peuvent alors aborder des enjeux concernant l’individu dans son aspect profond, et intime, afin de toucher chacun, et que chacun se retrouve en ces personnages.

Secrets d'Histoire


Image : Anastasia, 1997, Fox Animation Studios et Duchesse Anastasia

Certains dessins animés retranscrivent des parties importantes de l’histoire, en étant premièrement destinés aux enfants. Cependant, si on les analyse plus précisément, on y trouvera de nombreuses références historiques, véritablement précises et seulement perceptibles par ceux étant informés sur cette dite partie de l’histoire.
Anastasia est alors un exemple incontournable à ce propos.
En effet, si le dessin animé semble simplement se servir de la famille Romanov pour illustrer une histoire d’amour, il y a néanmoins de réelles références à la dernière famille impériale de Russie ainsi qu’à l’histoire politique de la Russie et de son peuple.
En effet, le dessin animé commence par illustrer les révolutions russes de février et octobre 1917 ayant mis fin à l’Empire pendant la Première Guerre Mondiale, tout en restant flou sur la mort des membres de la famille impériale et notamment du dernier Tsar de Russie, Nicolas II.
Aussi, est évoquée la relation entre la famille et le célèbre Raspoutine, qui est, dans le dessin animé, caricaturé, et doté d’un caractère magique, afin d’adapter cela à l’univers de l’animation, ainsi qu’aux goûts des enfants, premier public concerné. On peut en effet y voir l’animosité entre Nicolas II et Raspoutine ayant, il semblerait, réellement existé.
Aussi, on peut voir, lors d’un rêve fait par Anastasia, de joyeux jeunes enfants, et adolescentes jouer, qui se comptent au nombre de quatre, et qui représentent en réalité les frères et sœurs d’Anastasia : Alexis, Olga, Tatiana et Maria, morts eux aussi lors de l’assassinat de la famille.
Enfin, le dessin animé est basé sur le mythe selon lequel, lors de la découverte des ossements de la famille impériale, l’un des corps manquait, et serait peut être celui d’Anastasia. Cela a engendré, dans la réalité comme dans le dessin animé, une histoire ayant attiré les foules, et ayant remué la Russie durant quelques temps, à la recherche de la dernière duchesse Romanov. Le dessin animé, fondé alors sur un mythe, retranscrit des traits historiques majeurs de l’histoire de la Russie au XXème siècle : la disparition de la famille impériale, la crise de 1917 ainsi que la Première Guerre Mondiale et la précarité du peuple russe.
Tout ca semble alors seulement perceptible si l’on est informé, car pour le jeune public auquel ce dessin animé est destiné, l’histoire est alors camouflée derrière l’apparition d’une princesse ainsi que d’une belle histoire d’amour.

Des périodes sombres au centre de l'animation


Image : Le tombeau des lucioles, 1988, Studio Ghibli

Certains dessins animés, pour enfants mais également pour personnes plus âgées, peuvent aussi être vecteurs de connaissances. En effet, comment trouver un meilleur moyen de raconter des faits réels, historiques, et de retracer de lourds conflits, parfois complexes à saisir pour de jeunes enfants, que de le faire à travers des dessins animés, à travers une visions adoucie ?
La candeur des personnages utilisés afin de retranscrire l’histoire permet alors de donner de nombreuses informations implicites, ce qui transforme certains dessins animés en vecteurs de connaissances, et pas de stéréotypes comme d’autres peuvent le faire.
Persepolis en est le parfait exemple. En effet, cette bande dessinée adaptée en dessin animé traduit les conflits et les bouleversements ayant suivi l’instauration de la République Islamique en Iran. Ce passage historique est alors imagé à travers les yeux d’une jeune enfant, qui deviendra ensuite une adolescente, puis une adulte. Cela permet alors de toucher un large public, de tout âge, pour transmettre un moment crucial de l’histoire d’Iran.
Aussi, le film d’animation Le Tombeau des Lucioles retrace un moment sombre de l’histoire du Japon, en relatant à travers un récit imaginé, la période suivant les nombreux bombardements de 1945 au Japon. Ce dessin animé montre, à travers l’histoire de deux enfants, ce qu’on pu vivre les familles déchirées par les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale.
 Ainsi, la culture a aussi sa place dans les dessins animés, ce qui se trouve être rassurant quant au public auquel ils sont destinés.

La représentation de la femme dans les dessins animés : révolution


Image : Mulan, 1998, Walt Disney Pictures

« Après toutes ces erreurs passées sur les clichés, les stéréotypes, les discours un peu trop évidents ou la recherche d'une perfection refroidissante, après tant d'années d'évolution lente, Mulan retient les leçons. Elle a cet esprit rebelle, têtu d'Ariel, cette intelligence de Belle, cette fierté de Pocahontas, cette espièglerie de plusieurs héroïnes passées. »
Christian Renaut ; Les héroïnes Disney

Les dessins animés, comme le montre l’article précédent, ont longtemps été marqué par des stéréotypes à propos des femmes en elles mêmes mais également à propos des relations qu’elles entretiennent avec les hommes.
Cependant, cette vision semble dernièrement avoir changé, et cela peut être constaté à travers les derniers dessins animés, et notamment les derniers disney mettant en scène des princesses.
Comme dit précédemment, Mulan en est un premier parfait exemple. En effet, Mulan brise l’image stéréotypée de la femme qui a à tout prix besoin d’un homme pour s’en sortir, et endosse même le rôle d’un homme, tout en dénonçant la vision de la femme dans la société chinoise de cette époque. Ce dessin animé dénonce alors les stéréotypes, mais montre également qu’ils peuvent être dépassés en montrant la force qu’une femme peut avoir, et qu’elle peut être considérée comme l’égal de l’homme, même dans une société aussi traditionnelle et patriarcale que la société chinoise à l’époque concernée.
Aussi, dans les derniers dessins animés en date, tels que Rebelle, ou encore Raiponce, la femme représentée par la princesse essaie de s’émanciper des codes sociaux en place, et de s’en sortir seule, ce qui, même si elles restent des princesses, et, pour Raiponce, se retrouve à nouveau dans une histoire d’amour, transmet une certaine vision de la femme émancipée du 21ème siècle. La femme devient alors non seulement émancipée vis à vis de son statut social, mais également vis à vis des hommes auxquels elles étaient constamment rattachées auparavant. Cela montre aussi que l’art évolue en même temps que la société, et notamment ici que la société occidentale.

La représentation de la femme dans les dessins animés : les stéréotypes


Photo : Cendrillon, 1950, Walt Disney Pictures

« Ils eurent beaucoup d’enfants, et vécurent heureux jusqu’à la fin des temps ». Cette conclusion venant à la fin de nombreux dessins animés, concernant pour la plus part des histoires d’amour, cache une vision ou la femme semble en réalité bien moins heureuse.
Parmi les nombreux dessins animés, et notamment ceux mettant en scène des princesses, de nombreux stéréotypes peuvent être relevés.
Le sujet de la représentation de la femme dans les dessins animés, et très souvent dans les Walt Disney, peut en effet être abordé du point de vue des stéréotypes.
Alors que certaines princesses, comme Mulan, son représentées comme des combattantes et des femmes indépendantes, d’autres sont, quant à elles, montrées comme des femmes plutôt soumises et ayant nécessairement besoin d’hommes pour vivre.
En effet, si chaque princesse représentée dans ces dessins animés (notamment ceux du 20ème siècle, pas les plus récents) se trouve dans une situation compliquée nécessitant une aide extérieure afin de la résoudre, la seule solution souvent proposée se trouve être le mariage avec un jeune homme, et si possible membre de la royauté, autrement dit avec un jeune et beau prince. Dans Cendrillon, Blanche Neige, ou encore La Belle au bois dormant, seule un prince est apte à sortir la jeune femme, souvent princesse, de son embarras.
Que dire de ce message véhiculé aux jeunes filles touchées par ces dessins animés ?
Il semble vraiment incroyable de nos jours de transmettre aux petites filles cette vision réductrice de la femme qui ne pourrait s’en sortir sans un homme, et qui plus est, sans un homme fortuné. Cela montre alors les stéréotypes circulant dans la société du 20ème siècle lors de la conception de ces dessins animés.
Aujourd’hui, les dessins animés accordent de plus en plus une nouvelle image à la femme, en la rendant d’avantage indépendante vis à vis des hommes, et de tout ce qu’ils représentent au sein de la société.

mercredi 13 avril 2016

Maléfique, une méchante pas si "méchante"

Image : Maléfique, 2014

Tout le monde connaît l'histoire d'une des méchantes Disney les plus charismatiques : Maléfique. Elle prédit qu'avant le jour de ses seize ans, la princesse Aurore mourra en se piquant le doigt au fuseau d'un rouet. Malédiction lancée jusqu'à car elle n'était pas invitée au baptême de la princesse. L'une des fées présentes essayera de changer la donne en précisant qu'Aurore sera plongé dans un profond sommeil et que le baiser d'un prince la réveillera. Finalement, elle se pique, tombe dans un profond sommeil, se fait réveiller par le doux baiser d'un prince et se marie avec lui. Cette histoire fait rêver les petites filles, ou cauchemarder je ne sais pas, mais en tout cas rien n'est extraordinaire.
Pourtant, la sortie du film Maléfique en 2014 peut nous faire changer d'avis sur la question. En effet, une interprétation nouvelle du conte a été mise en avant : Maléfique est une fée avec de puissants pouvoirs, protégeant le royaume de la Lande, elle tombe amoureuse d'un prince humain qui finit par la trahir pour des questions pouvoir. Trahie, meurtrie, privée de ses ailes, elle décide de lancer une malédiction à la fille de ce prince, devenu roi des royaume des humains. La même malédiction que plus haut est alors mise en place sur la Princesse Aurore tout en précisant que "seul un baiser d'amour sincère la délivrera". Le seul problème étant que Maléfique finit par se prendre d'affection pour la princesse jusqu'à ses seize ans et elle finit même par comprendre que seule la princesse peut permettre la paix entre les deux royaumes et dans le cœur de la "méchante". Maléfique tente alors de lever le sort mais n'y arrive pas, la princesse se pique et tombe dans un sommeil profond. Un prince vient pour tenter de la réveiller et cela ne fonctionne pas non plus, alors Maléfique embrasse la princesse et la réveille. Après quelques péripéties finales la guerre se termine et la paix règne entre les deux royaumes. Ce qui est intéressant ici c'est que l'histoire a été complètement revisitée : d'abord, Maléfique lance une malédiction sur la jeune fille pour une raison beaucoup légitime que dans la version animée, ensuite son personnage est beaucoup plus complexe et travaillé dans la mesure où ce qu'elle était avant la trahison lui permet d'éprouver de l'affection pour Aurore et enfin la sauver. Finalement, la méchante de l'histoire évolue et ne semble pas alors être Maléfique, mais plutôt le roi humain qui l'a trahi et essaye de la tuer jusqu'au bout. En bref, cette interprétation est une des meilleures, si ce n'est la meilleure pour le moment, des adaptations Disney en film !





Voler aux riches pour donner aux pauvres

Image : Robin des bois, 1973, Walt Disney Pictures

Le film d'animation Robins des bois s'inspirent de deux sources, d'une part l'ouvrage Le roman de Renart et d'autre part la légende du justicier anglais Robin des bois. Selon celle-ci il était un "brigand au grand cœur" vivant dans la forêt de Sherwood. Il défendait les pauvres et des opprimés, il détroussait les riches au profit des pauvres ou rendait au peuple l'argent des impôts prélevés. La légende a donc été remise au goût du jouer par les studios Disney en apportant une interprétation personnelle, dans la mesure où, comme toutes légendes, des fats diffèrent. Évidemment, une histoire d'amour entre le héros et la Belle Marianne se met en place et ils se marient à la fin. Certains légendes touchent assez peu le public et nous pouvons penser que celle-ci reste incroyable, étant donné que "voler aux riches pour donner aux pauvres" reste un thème énormément repris dans la littérature ou le cinéma par exemple. Finalement, c'est surtout en période de crise que ce genre d'image de "héros" permet de rêver à ce que nous aimerions faire si nous dérogions à la loi. Pourtant, un problème reste importante en terme d'éthique, dans la mesure où même s'il vole aux riches pour donner aux pauvres,  il vole tout de même, nous pouvons alors nous poser des questions sur l'impact que ça peut avoir sur un enfant regardant ce film : est-ce que voler peut être justifiable ?